Claude Lavoie

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Clinique d’hypnose et de relaxation de Montréal

 

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ARTICLE : Le plaisir et le goût dans le traitement de l’obésité.

Plusieurs facteurs tant environnementaux, physiologiques que psychologiques contribuent à compliquer la problématique de l’obésité. Ce serait simpliste que de n’y voir qu’un simple manque d’exercice et un surplus de calories ingérées. J’aimerais vous amener à réfléchir sur certains aspects particuliers souvent négligés de cette réalité complexe, soit le temps et l’espace, le plaisir et le goût.

La régulation des apports de nourriture passe beaucoup par le plaisir et le goût.  Ceux-ci jouent un rôle majeur dans la quantité de nourriture absorbée; ils collaborent à l’établissement des quantités de nourriture que le cerveau juge nécessaire à notre bon fonctionnement. C’est pourquoi la conscientisation de ce mécanisme est capitale dans le développement de saines habitudes alimentaires.

Généralement lorsque le cerveau déclenche les signaux de faim, chez l’animal comme chez l’humain, il y a recherche de nourriture et absorption d’aliments. Le cerveau, grâce à toutes les informations produites par la stimulation de nos sens, identifie l’aliment. Si ce dernier est connu, sa composition aura été apprise et mémorisée lors des expériences précédentes. C’est par expérience, mais inconsciemment que nous connaissons la composition biochimique exacte de cet aliment. C’est aussi grâce à cela, que nous sommes capables de savoir combien il nous faut en manger. Le cerveau, par la diminution du plaisir gustatif que nous éprouvons à sa consommation peut alors, nous faire savoir quelle quantité il faut en consommer pour satisfaire nos besoins. Tant que nous ressentons un plaisir gustatif, il faut continuer à remplir les réservoirs. Quand le plaisir gustatif disparaît, il faut s’arrêter. Aller au-delà, c’est manger plus que ses besoins et donc manger trop et prendre du poids. C’est donc la modulation du plaisir qui guidera l’individu dans l’ajustement des quantités qui lui sont nécessaires. Ce mécanisme interne se met en route très rapidement après seulement quelques secondes et nous permet donc de moduler notre consommation même lors de repas très courts. Il est donc faux de dire qu’il est nécessaire d’attendre 20 minutes avant de savoir si l’on est rassasié. (Zermati 2000)

Les personnes en surpoids mangent généralement rapidement, par automatisme, sans prendre le temps de vraiment goûter et d’apprécier leurs aliments , court-circuitant ainsi des mécanismes naturels d’autorégulation interne qui leur indiquent quand arrêter de s’alimenter pour ainsi éviter de prendre du poids indûment.

L’hypnose, comme outil d’hyperconscientisation, est particulièrement efficace pour remettre en place et développer cette conscience perdue et nécessaire à l’écoute de nos différents signaux de satiété et pour contrer certaines habitudes néfastes à notre santé mentale et physique.

Le temps et l’espace comme facteur d’automatisme.

Il est notable que parmi les troubles du comportement alimentaire, l’obésité, quel que soit l’âge, est le problème le plus fréquent relié à l’alimentation. (Cloutier 1982,) Le surpoids et l’obésité sont caractérisés par une incapacité chez l’individu d’adapter sa consommation alimentaire à sa dépense énergique, cette mésadaptation provient de plusieurs sources.

Chez l’être humain, du moins pour ceux qui ont la chance de vivre dans une société où la nourriture est abondante et facilement disponible, plusieurs facteurs, autres que la faim, multiplient les incitations à manger.  Nous sommes fortement influencés par des associations apprises sur le plan temporel et spatial.(Bloom, Lazerson,1988) Par exemple, lorsque vient l’heure des repas, soit midi ou 18 h, indépendamment de ce que nous avons mangé plus tôt  dans la journée, nous avons appris qu’il est temps de dîner ou de souper et nous décidons d’avoir faim. Certains endroits sont également associés à la nourriture.  Enfants, nous avons appris à associer la salle de cinéma avec le pop corn et les friandises et, ainsi, à la considérer comme un endroit où l’on mange, déclanchant un désir de manger dès que l’on entre au cinéma.

Cet aspect du lieu n’est pas anodin; tout comme les animaux nous faisons corps avec notre milieu de vie.  L’homme, comme l’animal, a besoin de se ménager un espace à soi pour se sentir en sécurité. Nous avons une tendance naturelle à associer certains lieux spécifiques à certaines actions, comme de manger, de dormir, de travailler et à y développer une certaine réponse émotive. Peu à peu, la science apporte des indices montrant que les lieux ont une influence importante sur le type d’action que nous y entreprenons. (Dubois, 2001)  En effet, notre comportement émotif ne sera pas le même si nous sommes sur les lieux de travail ou sur la galerie du chalet.  De ce fait, prendre l’habitude de manger devant le téléviseur, dans le salon, dans la chambre à coucher au lieu de réserver l’espace de la salle à manger pour cette activité peut motiver des envies inconscientes de grignoter ou de manger.

Prendre conscience de ces facteurs prédisposant à l’obésité, c’est déjà un pas vers la solution.


Claude Lavoie, nd
Hypnothérapeute, spécialisé dans la gestion du poids à long terme

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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